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Le passeur

  • La coopération spatiale

    Dans le contexte de crise économique que connaît l’Europe aujourd’hui, aucun État n’est en mesure de se doter seul des moyens spatiaux nécessaires pour couvrir l’ensemble de ses besoins. L’approche doit donc être pragmatique, fondée sur la recherche d’un niveau suffisant d’autonomie, sans forcément viser la possession de tous les moyens. La coopération doit être encouragée pour obtenir ou pérenniser des capacités inaccessibles au niveau national pour des raisons budgétaires, industrielles ou technologiques. La surveillance de l’espace pourrait en fournir une bonne illustration : les capacités existantes et les compétences acquises par la France et l’Allemagne doivent être développées de manière à servir de fondement à un système fiable de surveillance au bénéfice de l’Europe. Cette démarche pragmatique et raisonnée suppose toutefois la prise en compte de quelques règles, condition sine qua non de toute forme de coopération. Toute coopération doit reposer sur des principes d’équilibre, d’efficience et de résilience des moyens (ou de leur possible redondance). Il s’agit bien avant tout de satisfaire un objectif capacitaire. Il faut donc garantir un juste équilibre entre le bénéfice attendu et l’investissement consenti, en particulier financier. Cette approche suppose une acceptation de la perte partielle de souveraineté sur les moyens acquis ou mis en oeuvre en coopération. Cette perte consentie doit toutefois être évaluée à l’aune des objectifs fondamentaux de souveraineté nationale que sous-tendent les principes d’autonomie évoqués précédemment. Le deuxième équilibre à assurer est donc celui entre la perte partielle de souveraineté et le gain escompté. Dans toute coopération, la nécessaire convergence des besoins et des calendriers se heurte souvent aux intérêts nationaux. Tensions et divergences ne peuvent se régler que par le compromis. La parfaite et claire définition de la gouvernance des programmes, des échanges ou des moyens, est alors un élément essentiel d’une approche qui se doit d’être avant tout pragmatique. Parmi les enjeux de gouvernance des programmes spatiaux, la maîtrise de la sécurité tient une place centrale pour les applications de défense. De même que la coopération ne peut se faire au détriment d’un équilibre financier, elle ne peut pas non plus se développer au détriment de la maîtrise de la sécurité dont le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) est le garant au niveau national. Au-delà de l’intégrité des données et de la sécurité des systèmes spatiaux, la définition claire d’une politique des données sensibles est un préalable indispensable à la mise en oeuvre de toute coopération. Enfin, pour être efficace, cette gouvernance des systèmes spatiaux doit non seulement être adaptée au temps de paix mais également aux temps de crise ou de guerre, afin de satisfaire au mieux les besoins nationaux accrus dans de telles circonstances.

  • Paradis méridional

    La semaine dernière, j'étais en Charente où j'ai réalisé une activité un peu particulière : un vol en montgolfière, par un chaud début de journée, à la lumière du soleil levant (les vols en ballon se font très tôt). C'est ainsi que j'ai découvert un charmant petit village au charme méridional unique : Aubeterre-sur-Dronne. Imaginez. La Dronne s'enroule doucement autour d'une colline boisée d'où émerge une cascade de vieux toits roses qui cachent des maisons éclatantes de blancheur. Quand le soleil joue sur les façades crayeuses, on se croirait transporté dans une bastide méridionale. Voilà un village que je ne pouvais m'empêcher de visiter dès ma descente de nacelle. Et qui m'a encore davantage séduit une fois admiré de près ! Étagé en amphithéâtre au-dessus d'une boucle de la Dronne, le village semble en effet faire fi de toute logique avec ses rues qui montent et qui descendent en tous sens, ses impasses, ses escaliers, ses maisons qui s‘enchevêtrent les unes dans les autres, au risque de perdre le visiteur (qui ne s’en plaint pas, d'ailleurs !) : au fil de ruelles pentues envahies d’une végétation luxuriante, surgissent lavoir, fontaine, placettes ombragées de tilleuls, jardinets fleuris et hautes demeures égayées de galeries en bois et balcons « à l‘espagnol », le tout couronné des vestiges d'un château fort dont il subsiste une tour, la poterne, le corps de garde, la chapelle et l'enceinte. La tradition assure que l'atmosphère presque exotique, en tout cas méridionale, du bourg proviendrait du passage des pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle qui en auraient influencé l'architecture... En tout cas, comme j'ai pu le constater durant ma (trop) brève visite, c'est que ses quelque quatre cents habitants sont conscients du charme singulier de leur village et ont à cœur de le faire vivre. C'est un plaisir de voir un village à la fois parfaitement préservé, mais aussi animé et vivant. Les manifestations culturelles et artistiques s'y succèdent au fil de l'année tandis que de nombreuses boutiques d'artisanat – potier, tourneur, verrier, sculpteur de jouets en bois... - contribuent à son dynamisme. On y trouve même un petit musée sur la vie de Ludovic Trarieux, né à Aubeterre et fondateur, en 1898, de la Ligue française des droits de l'homme et du citoyen. La présence d‘une plage et d'une base nautique sur les bords de la Dronne où se pratiquent pêche, baignade et canoë-kayak, en fait également un lieu de vacances apprécié des amateurs de tourisme vert. Bref, si vous êtes toujours à la recherche d'une destination pittoresque et en dehors des sentiers battus, vous connaissez maintenant le nom de votre prochaine destination. Et si vous avez un jour l'occasion de tester, je vous recommande également le vol en montgolfière, qui est une activité résolument unique. Difficile d'expliquer à quel point cette expérience permet de contempler le monde d'un autre point de vue. Et je ne parle pas que d'un point de vue physique : c'est une toute autre façon de contempler, voire d'appréhender le monde. Plus d'information sur ce ce baptême en montgolfière à Richelieu en surfant sur le site internet de l'organisateur.

  • Drôle de monde

    C'est un drôle de monde que le nôtre. Nous vivons mieux, plus longtemps, et dans des conditions infiniment supérieures à celles de nos aïeux. Et pourtant, à entendre les médias, nous n'avons jamais été plus mal. Nous sommes comme des enfants gâtés qui ont grandi dans le luxe et ne se rendent pas compte que leurs parents ont vécu une enfance bien plus rude que la nôtre. En bref, nous sommes de sales mômes.

    Nous n'avons pas connu la guerre. Nous nous plaignons de l'Europe alors que c'est elle qui nous permet depuis 70 ans de vivre en paix avec nos voisins européens. Nous sommes une des puissances les plus riches du monde. Et pourtant, nous nous plaignons comme si nous étions un pays pauvre. Nous avons un système de soin gratuit. Et pourtant, nous nous en plaignons, alors qu'aux Etats-Unis, au pays du rêve américain, vous pouvez tout perdre le jour où vous tombez malade. Nous avons un système d'éducation gratuit. Et pourtant, nous nous en plaignons, quand une année universitaire coûte des milliers de dollars outre-Atlantique. 

    Clairement, nous sommes des sales mômes. Et si tout n'est pas tout rose non plus en ce monde, il faudrait tout de même savoir nous réjouir de tout ce qui va. Car clairement : nous sommes dans l'une des zones du monde où ça va le mieux !!!